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9 mar 15

Halte au fake !!!

par Julien & Arnaud

Ce billet s’adresse aux agences et annonceurs qui continuent à faire des petites vidéos de fausses opérations n’ayant jamais eu lieu.

 Halte au fake !!!

Ok, on comprend bien, vous avez des impératifs, il faut que le « case » de l’opération soit bien fait pour le présenter dans des festoches et gagner des petits prix qui feront jolis sur la cheminée et gonfleront des égos déjà surdimensionnés.

Alors on ne va pas s’emmerder à filmer l’opération en vrai, ou même à la faire en vrai, non, ça coûte du pognon, les gens filmés risqueraient de ne pas être dans la cible visée ou de ne pas avoir pile la réaction qu’on attend d’eux.

 Halte au fake !!!

Non, on va faire plus simple, on va prendre 3 comédiens, on va les briefer, et on va filmer ça façon caméra cachée « ça tremble de partout alors c’est forcément amateur donc vrai ».
On demandera à ces faux piégés de sourire niaisement au moment du reveal « oh vous m’avez bien eu, c’est trop cool ! » et à tout le monde d’applaudir à la fin. Ou alors on ajoutera les applaudissements en post prod, ne nous compliquons pas la vie.
On mettra aussi un petit panneau à la fin du film en disant qu’on a touché 40 millions de français sur Twitter et hop, ça part à Cannes !

 Halte au fake !!!

(ceci est un faux tweet, on précise pour les 2 du fond)

Sans blague, on ne va pas risquer de confronter l’idée vendue au client avec les réactions des vrais gens, imagine si ça ne marchait pas comme prévu dans le script !! L’air con…

(là on met des exemples parce que sinon c’est chiant)

Celio par Buzzman (bien vu Stratégies qui a reconnu l’un des comédiens, déjà apparu dans une pub Liligo)

Sodebo par Extrême Sensio – Combo applaudissements + bulles de savon


Extrême Sensio pour Sodebo – sandwichs Sodebo… par strategies-creations

Cuisinella par Change – Never forget

Pitié, stop. Arrêtez avec ces fakes. Arrêtez de mentir et tricher pour « faire plus vrai ». Vous avez une idée d’opé ? Soit vous la racontez en disant « ça aurait pu être comme ça », soit vous la faites en vrai (le top). Avec le risque que cela ne marche pas, certes. Mais c’est le principe des opés. Et si elle est vraiment bien, elle marchera.

Mais ne faites plus les magouilles habituelles :
- des comédiens qu’on fait passer pour des gens découvrant l’opé
- des employés de l’agence se faisant passer pour des gens découvrant l’opé
- des proches des employés de l’agence se faisant passer pour des gens découvrant l’opé

Non seulement, cela a un côté arnaque, mais en plus niveau éthique… Ceux qui font ça sont vraisemblablement sur leur vision du métier « à l’ancienne » : des pubards dans leur tour de verre, imaginant des campagnes et des opés sans tenir compte des attentes du public et uniquement absorbés par la recherche de leur propre gloire.

Comme l’avait très bien dit l’ami Streetplanneur dans un article sur le même sujet, « arrêtez ! arrêtez de nous prendre pour des *** ! » (comme il est poli, il a mis des étoiles à la place des lettres, mais après près de 2 ans d’enquête, nous sommes en mesure d’affirmer que le mot ainsi masqué est « cons ». On balance, boum).
Son billet, il l’a écrit il y a près de deux ans. À l’époque, on espérait un peu naïvement que cette mode du fake allait passer, que les consciences allaient un peu se réveiller.
Et bien pas du tout, on a plutôt l’impression que cela n’a fait qu’empirer…

 Halte au fake !!!

Maintenant cela dépasse le simple cadre des opés terrains. Aujourd’hui, on se retrouve avec des agences et des annonceurs qui n’hésitent pas à mentir à leurs clients et aux journalistes juste pour faire parler d’eux.

Le cas emblématique, Carambar, et le plus récent Nana (les deux sont très bien résumés dans cet excellent article du Huffington Post) sont des exemples de cette façon de faire sans scrupule.

Non seulement l’intégralité de la campagne repose sur un mensonge (« on va faire croire que… alors qu’en fait c’est pas vrai, roooo on est trop des génies Didier, à nous le Grand Prix cette année ma couille !!! »), mais plus grave, pour ne pas se faire griller ils n’hésitent plus à mentir aux journalistes consciencieux qui les contactent pour vérifier la véracité des informations !

 Halte au fake !!!
Un peu comme si votre JT préféré annonçait de fausses infos pour doper son audience, avant de les démentir tranquillou quelques jours plus tard (« on s’en fout, on a fait péter l’audimat, j’aurais ma prime à la fin du mois »).

Une fois de plus, cela pose une question, celle de l’éthique : jusqu’où êtes vous prêt à aller pour qu’on parle de votre marque ?!

4 mar 15

Comment repérer les faux likes sur Instagram ?

par Julien & Arnaud

C’est la nouvelle tendance sur Instagram : les likes automatiques. Le réseau de partage de photos explose (surtout auprès des ados) et inévitablement on retrouve chez beaucoup l’envie de se montrer « influent » sur ce réseau. Comme d’hab, cela passe par l’envie de gonfler son nombre de followers pour faire genre « ouais t’as vu, y a plein de gens qui me suivent je suis trop une resta » (oui, les gens qui font ça parlent vraiment comme ça).

Et là, on a deux écoles : les bourrins (qui vont acheter des followers, allons-y gaiement). Et les plus vicieux rusés qui penchaient plus sur le follow / unfollow pour tenter de gonfler leur nombre d’abonnés.

Ces derniers ont désormais une nouvelle corde à leur arc : les likes automatiques. Le principe est tout simple : une petite appli liée à votre compte que vous paramétrez sur les hashtags de votre choix. Elle va automatiquement aller liker les photos publiées comportant ces hashtags.

 Comment repérer les faux likes sur Instagram ?

En retour, on espère que les gens dont les photos ont été likées vont jeter un œil à votre compte, et parfois même s’abonner. Et ÇA MARCHE. De quelques abonnés gagnés à plusieurs centaines, cette méthode putassière à souhait donne des résultats.

On ne va pas revenir sur le problème éthique que cela pose (« c’est mal », « ça ne sert à rien à part gonfler artificiellement votre petit ego », « c’est une forme d’arnaque », « vous devriez avoir honte », « si les symptômes persistent consultez votre médecin », etc.). Ça ne servirait à rien de répéter que ce genre de chose, c’est de la merde.

Non en revanche ce qu’on peut faire, c’est expliquer comment griller facilement ceux qui se livrent à cette petite triche pour satisfaire leur besoin d’avoir un gros compte suivi.

Rien de plus facile : vous ouvrez votre application Instagram et allez dans l’onglet « Activité » (second bouton en partant de la droite dans la barre de menus en bas de l’écran).

 Comment repérer les faux likes sur Instagram ?

Là, vous sélectionnez « Abonnements » (en haut de l’écran). Cela vous donne accès à l’activité de vos contacts. Vous pouvez notamment voir qui a liké quoi, par ordre chronologique.

 Comment repérer les faux likes sur Instagram ?

Petit indice pour repérer les « fraudeurs » : si à chaque fois que vous ouvrez l’application, vous voyez les mêmes personnes avoir liké plusieurs photos dans les dernières secondes (et ce, que vous regardiez à 10h00, à 13h00 ou au beau milieu de la nuit, ou quand la personne est en face de vous avec une bière dans la main gauche et une clope dans la main droite), il y a 99,9% de chances que cette personne utilise des likes automatiques.

 Comment repérer les faux likes sur Instagram ?

Autre indice, ces likes sont toujours affichés par 8 (« Machin aime 8 photos »).

Pour aller plus loin, vous pouvez regarder ces images et les hashtags attachés. Parmi les plus populaires targettés par les likeurs automatiques, on retrouve #Paris, #Instagood, #StreetArt, #FoodPorn, #TBT, #Picoftheday, #Travel, #instamood, #catsofinstagram, …

Si à chaque fois que vous ouvrez votre Instagram, vous voyez les mêmes contacts liker par 8 des photos ayant les mêmes hashtags, et ce dans les quelques secondes qui viennent de s’écouler, pas vraiment de place au doute, vous avez là quelqu’un qui tente de se donner de l’importance artificiellement, un drogué de l’ego en somme, en manque de reconnaissance.

Et si c’est pas ça ben c’est vraiment pas de bol, quand même.

2 mar 15

On aurait adoré avoir ces idées

par Julien & Arnaud

Préambule (très long et pas intéressant, pour le zapper cliquez ici) :
2 ans. Voilà près de 2 ans que nous n’avons plus vraiment écrit sur ce blog. Pour des raisons toutes simples : on avait moins de choses à dire, on avait moins de temps, et surtout, surtout, on avait moins envie.

 On aurait adoré avoir ces idées

Ça devenait un peu chiant de se faire traiter de « trolls « ou « jaloux » par des agences dès qu’on ne disait pas du bien de leurs campagnes, trop habitués qu’ils sont aux blogs qui relayent directement leurs CP avec force compliments.

On a toujours tenu à dire ce qu’on pense, afin de pouvoir discuter, échanger des avis et nourrir notre réflexion. C’est toute la raison d’être de Coups De Pub. Mais à l’heure des blogs bourrés d’articles sponsorisés, d’appels aux likes et de Top 10 pré-mâchés, peut-être qu’il n’est plus de bon ton de donner son avis.

Mais à vrai dire, on s’en fout.

 On aurait adoré avoir ces idées
On a ouvert ce blog en 2008 (on était jeunes et beaux) parce que ça nous amusait et qu’on voulait pouvoir dire ce qu’on voulait. Parler de ce qu’on aime ET de ce qu’on n’aime pas. Aucune raison que cela change. On continuera à le faire, tant qu’on aura un peu de sous pour payer l’hébergement, et à chaque fois que ça nous fera plaisir de le faire.

Et pis là bah ça tombe bien, parce qu’on a justement envie de publier un truc.

(Oh, et un petit mot à toi qui va venir nous proposer d’afficher des bannières de pubs sur le site en disant que tu adoooores ce qu’on publie : il n’y a jamais eu de bannières / liens sponsos / articles sponsos / trucs à la con du genre sur Coups de Pub. Ce dont tu aurais pu t’apercevoir si tu y étais venu au moins une fois.
Donc ta proposition, tu la roules en boule et tu te la carres au cul. Bisous)

(et un dernier petit mot pour tous ceux qui, depuis 2 ans, nous incitent à recommencer à écrire – les tarés – et à ouvrir notre gueule, à ceux qui nous ont proposé de nous racheter le site pour le faire revivre – les gros tarés – : on ne va pas faire de sentimentalisme à la con, mais à chaque fois, ce que vous nous avez dit nous a fait hyper plaisir. Merci)

 On aurait adoré avoir ces idées

On aurait adoré avoir ces idées. C’est une phrase que, personnellement, on utilise vraiment. Pas forcément très souvent, pas plus de quelques fois dans l’année. Mais pour nous, quand on voit passer une super idée, c’est le plus grand compliment qu’on puisse faire : dire que ça, putain on aurait adoré être celui ou celle qui l’a trouvé.

Du coup, voici un petit florilège des dernières fois où on a eu l’occasion de pronocer cette phrase.

- Les bâches à tweets de Burger King
Clairement une des meilleures idées vues ces derniers mois. La création d’un véritable lien entre online et offline, la réponse à une demande client, … C’est à la fois hyper simple, juste, et efficace, ce qui correspond au mix le plus difficile à réaliser.
En plus, sauf erreur de notre part, les tweets repris sont de « vrais » tweets, et non pas des fakes comptes lancés pour l’occasion ou bien des messages laissés par la soeur du créa pour les besoins du case. Et ça fait bien plaisir de voir de vraies opés comme ça.

 On aurait adoré avoir ces idées

- L’opé « Sans Les Mains » pour Marc Dorcel
Avant tout, précisons que l’un de nous travaille dans l’agence à l’origine de cette opé (mais n’a pas bossé dessus, on espère donc éviter de tomber dans l’auto-promo). Du coup on ne va pas trop s’étendre sur ce cas, pour ne pas être taxé de manque d’objectivité. On précisera juste que, quand on a vu cette idée, on a vraiment dit « putain on aurait tellement aimé l’avoir » (ce qui tombe hyper bien vu que c’est le titre du billet tavu).

- Le dernier film Fervex « C’est ta mère »
Là aussi, on retrouve le cocktail parfait, simple, juste, efficace. Et mine de rien, sur un secteur tel que celui de la santé, c’est rare. Vous en connaissez beaucoup d’autres des pubs pour le rhume ou la grippe qui sont créatives ? C’est donc bien un OVNI que nous avons sous les yeux. Et en toute franchise, on l’a vu plus d’une vingtaine de fois, on a rigolé à chaque visionnage.

- Le formulaire de Catherine et Liliane
Un formulaire d’abonnement. Quoi de plus inintéressant. Demandez aux commerciaux qui briefent sur ce genre de chose s’ils voient les créas faire des petits bonds de joie quand ils leur apprennent qu’ils vont bosser sur ces sujets…
Et pourtant, avec une petite étincelle de génie, le formulaire peut devenir une création formidable. La preuve ici. Bravo.

- « Mistakes », le dernier spot de la Sécurité Routière Néo Zélandaise
Peut-être pas notre préférée dans cette sélection, mais sur un secteur comme la sécurité routière qui a vu autant de magnifiques spots, on est toujours épaté de voir que certains arrivent encore à trouver de nouvelles idées.

- « The Penguin » – John Lewis
LE spot de Noël 2014. John Lewis s’en est fait une spécialité, celui de cette année est particulièrement réussi. Ça dégouline de bons sentiments, mais il n’y a pas une image ou une scène en trop. Dans le genre, du grand art.

Voilà, il en manque peut-être quelques-unes, mais celles-ci font partie des idées qu’on aurait adoré trouver ces derniers mois.
Pour équilibrer, la prochaine fois, on fera un billet intitulé « On a vraiment trouvé ces idées à chier ».

 On aurait adoré avoir ces idées

4 juil 13

Classement Ebuzzing des blogs marketing juillet 2013

par Julien & Arnaud

Juste une petite remarque en passant sur le fait que de plus en plus de blogs dans ce top sont tenus par des agences, et non plus par des blogueurs indépendants comme cela pouvait être le cas dans le passé (même si quelques irréductibles subsistent, comme Paperplane, le Publigeekaire, la Réclame, etc.)

1 Webmarketing & co’m
2 Mdelmas.net
3 Emarketinglicious
4 Marketing en Chine
5 My Community Manager
6 Paper Plane
7 W & CIE – le blog
8 Lareclame
9 LLLLITL
10 pix-geeKs.com
11 ConseilsMarketing.fr
12 Le Publigeekaire
13 Marketing insolite
14 Consulting et réseaux sociaux – Conseil en Community Management
15 DDB°
16 Nuwave Marketing
17 Les réseaux professionnels
18 We Are Social
19 Agence communication Paris | 1min30
20 G1site

Classement réalisé par Ebuzzing et publié par Coups de Pub qui n’a rien écrit depuis des mois mais ne désespère pas de s’y remettre un jour.

6 déc 12

Faire son autopromo en utilisant la misère humaine ?

par Julien & Arnaud

Ce matin, on a vu débarquer un tumblr au nom bien sympathique, Un Sourire SVP.

Au-delà du nom, la démarche elle-même ne pouvait qu’attirer la sympathie : son auteur avait en effet eu l’idée de mettre son talent d’écriture (il est auteur) au service des SDF, en leur rédigeant des pancartes plus accrocheuses que le classique »1€ svp ».

Il a pris le soin de se faire accompagner par un photographe dans sa démarche, voici le résultat de cette action :

 Faire son autopromo en utilisant la misère humaine ?

 Faire son autopromo en utilisant la misère humaine ?

Pas à dire, c’est vraiment une belle idée. Pas nouvelle certes, elle a déjà été employée à plusieurs reprises ces dernières années.

Par un avocat, mis en avant par Rue89 :

 Faire son autopromo en utilisant la misère humaine ?

Par des agences parisiennes :

Par des artistes :

 Faire son autopromo en utilisant la misère humaine ?

Et parfois même, les sans-abris n’ont besoin de personne pour rédiger des pancartes originales, comme démontré par ce tumblr :

 Faire son autopromo en utilisant la misère humaine ?

Mais en fait là où on a commencé à s’interroger, c’est en voyant le site de Luigi, l’auteur de cette nouvelle campagne.

Ce sont tout d’abord les visuels qui nous ont intrigué. Il se met lui-même en scène, posant fièrement avec une de ses créations ou en se montrant en train d’en écrire une. Sur le coup, on a trouvé cela useless, un peu inapproprié, mais bon.

Et puis ensuite, on est tombé sur le descriptif de son site :

« Luigi LI, auteur pour les émissions les plus prestigieuses du PAF, et valeur montante de la nouvelle scène du stand-up met sa plume à contribution des sans-abris.

Le but : remplacer la tristement fameuse pancarte « 1€ svp » par une vanne, une punch-line, un message qui va accrocher l’oeil des passants. »

Là vraiment, ça a commencé à nous poser un souci. En plus de se mettre en scène, l’auteur parle de lui à la 3ème personne, nous fait quasiment son cv… et n’a aucun mot pour les sdf qu’il tente prétendument d’aider. On a donc commencé à s’interroger sur le vrai but de sa démarche, en se demandant si, quelque part, ce n’était pas plutôt son auto promo qu’il était en train de faire.

Bon, après, il précise que les photos donneront lieu à une expo, et que les bénéfices de leur vente iront à une asso (oui mais… laquelle ?!).

Toujours est-il que cela ne nous a pas rassuré sur la sincérité de sa démarche. Alors pour en avoir le cœur net, on a jeté un œil à son compte Twitter :

 Faire son autopromo en utilisant la misère humaine ?

Et là, nouvelle découverte : depuis ce matin, il a spammé envoyé plus de 100 tweets identiques pour tenter de relayer son opération auprès de comptes ayant beaucoup de followers. Avec pour but évident de faire parler de lui et de son opé.

Alors certes, on pourrait se dire que, bon, ce n’est pas un si gros problème qu’il désire tant être mis en lumière, après tout, si cela peut faire parler des nécessiteux, nous faire penser aux sans abris alors même que la température baisse (tiens… étrange d’ailleurs que cette opération soit lancée PILE aujourd’hui…), finalement, ce serait plutôt une bonne chose non ?

Oui mais non. Car à un moment, il faut quand même regarder les choses comme elles sont : l’ami Luigi il a fait 4 pancartes, 5 photos, et derrière il communique à tout va façon attention whore en disant « regardez, regardez, j’ai fait ça, j’ai fait ça !!! » Et on ne peut s’empêcher de penser que, si sa démarche d’aide auprès des plus nécessiteux avait été vraiment sincère, il ne ressentirait pas un tel besoin de reconnaissance, il les aurait aidés, point. Sans tenter au passage de se faire son bon gros coup de pub.

On aime vraiment cette idée de vouloir venir en aide aux sans abris simplement. Mais on aime beaucoup moins quand cette opération de communication ressemble à de l’auto promo malsaine.

Et on se dit que Luigi, au lieu de vouloir absolument tirer la couverture à lui, ferait mieux de la laisser à ceux qui en ont vraiment besoin.

10 sept 12

Un jour à l’agence

par Julien & Arnaud

Comment ça se passe en agence ? Cette question, on se l’est posée plus jeunes, on nous la pose aujourd’hui, et il est toujours aussi difficile de décrire cet univers si particulier. On a tout de même essayé, par jeu, en forçant le trait. Toute ressemblance avec des situations existantes serait vraiment pas de bol, quand même.

10h05, arrivée à l’agence. Un petit bonjour poli à l’hôtesse d’accueil dont on ne connaîtra jamais le prénom, puis direction l’open space des créas.
En chemin, on salue ceux qu’on croise : un check pour les proches, un simple « salut ça va ? » pour les autres, qui aura systématiquement pour réponse « Et toi ? », et tout le monde poursuivra son chemin sans se soucier de répondre à ces questions rituelles.

 Un jour à lagence

10h15 : une fois au poste de travail, allumage du mac, et relevé des emails

10h20 : pendant que le relevé des mails est en cours, un petit saut à la machine à café. Nouvel échange de « Ça va ? » – « Et toi ? » avec les personnes rencontrées à cette occasion.

 Un jour à lagence

10h45 : tri des emails reçus, pour tenter d’extraire d’éventuels courriers professionnels des newsletters, spams, invitations à des jeux Facebook, ou simples messages d’absence du bureau.

 Un jour à lagence

10h50 : corrections à l’arrache sur la créa de la veille, selon les indications mentionnées dans le mail « URGENT – AVANT 11H » du commercial.

 Un jour à lagence

11h25 : envoi des corrections au commercial.

11h30 : chat sur Facebook, et petit tour sur les dernières publications du site Ads of the World.

12h00 : coup de fil au commercial pour savoir s’il a bien reçu le doc avec les dernières modifications. Avec une réponse connue d’avance : « je reviens vers toi ».

12h59 : mail du commercial disant que les modifications ne vont pas du tout, qu’il faut refaire en s’en tenant au brief.

13h00 : départ pour déjeuner avec deux collègues. À la cantine de l’agence, ou s’il fait beau à la recherche éperdue d’une terasse bondée pour manger une salade du jour (qui semble pourtant dater de la veille) à 14 euros.

14h00 : retour au bureau. Le téléphone ne cesse de sonner. C’est le numéro du commercial qui s’affiche.

14h05 : passage par la machine à café pour ne plus entendre le téléphone sonner sans cesse. Croisée dans le couloir, la responsable trafic prévient qu’un brief est programmé à 15h00.

14h25 : en sueur, épuisé d’avoir couru, le commercial surgit à la machine à café, demandant si ses modifications sont prêtes. Prendre un air dégagé, lui répondre « je suis dessus », et partir aux toilettes.

 Un jour à lagence

14h30 : le commercial par dessus l’épaule, faire les modifications selon les indications qu’il donne.

 Un jour à lagence

14h50 : la directrice de clientèle vient superviser les modifications. En les découvrant, elle lâche un « ça ne va pas du tout », et fait tout recommencer.

 Un jour à lagence

15h10 : une fois la Dircli et le commercial repartis, courir en salle de réu pour le brief de 15h00. Tenter de rentrer discrètement. Se prendre un « c’est gentil d’être passé nous voir » par le DC.

15h12 : fin du brief. Tenter de comprendre ce qui est demandé sur le doc récapitulatif remis par la planneuse.

15h25 : appeler les collègues pour leur montrer que ce brief est un « bingo » : il contient les mots « aspirationnel », « appétant », « disruptif », « conversationnel », et « buzz ». Plus le bonus, la petite ligne « Cible : tout le monde ».

15h35 : commencer à traîner sur 9gag à la recherche de l’inspiration…

16h00 : une première idée !

 Un jour à lagence

16h02 : ah bah non.

 Un jour à lagence

16h26 : coup de fil d’amis, qui proposent un dîner le soir-même. Accepter.

16h35 : une nouvelle idée !

16h50 : en y repensant bien, oui, cette idée tient la route !

16h55 : début de la réalisation d’une maquette, pour présenter au DC.

17h00 : recherche de l’image parfaite sur Getty.

18h35 : ça y est, la voilà l’image parfaite !

18h38 : montée à la va vite, l’idée est prête à être présentée au DC. Direction son bureau.

18h39 : croisé alors qu’il quittait l’agence, le DC prévient « inutile de chercher plus longtemps, j’ai trouvé ce qu’il faut, tu le réalises demain ».

18h55 : commencer à ranger ses affaires.

 Un jour à lagence

18h59 : coup de fil du commercial. Les modifications faites en début d’après-midi se sont fait jeter par le client. Il faut tout refaire, c’est urgentissime.

19h02 : prévenir ses amis qu’on ne sera pas là pour l’apéro.

19h03 : le commercial et son stagiaire arrivent dans le bureau pour commencer les modifications.

 Un jour à lagence

20h14 : les modifications sont presque terminées.

20h15 : la Dircli entre dans le bureau et vient voir où en sont les modifications.

 Un jour à lagence

20h16 : on recommence à zéro.

 Un jour à lagence Un jour à lagence

22h47 : les modifications sont terminées. Le stagiaire baille sur son tabouret. Le commercial lance un « on pourrait peut-être leur proposer une seconde piste… » Tout le monde fait comme s’il n’avait rien dit.

22h50 : appeler ses amis pour s’excuser de les avoir plantés pour le dîner.

22h55 : quitter l’agence en saluant les collègues qui travaillent encore.

 Un jour à lagence

Un énorme merci à la géniale @stephpierrat qui a gentiment accepté d’illustrer ce billet avec son talent habituel !