Skip to content
9 juil 12

Une semaine de lol sur le web

par Julien & Arnaud

Fred et Farid, le Twitter Hot50, l’anti Minute Buzz, une nouvelle chroniqueuse au Grand Journal, …
Un vent de folie a soufflé sur les Internets français la semaine dernière. On s’est dit que cela valait le coup de revenir dessus, en prenant quelques-uns des principaux sujets qui ont animés les conversations online.

L’interview de Fred & Farid par DarkPlanneur

On est tombés sur une vidéo chez Doc News. Un petit texte (très fortement inspiré par un communiqué de presse ?) donne le ton avant de lancer la vidéo : « une interview sans langue de bois des enfants terribles de la pub ». Enfin !!

Alors du coup, on a regardé, avec beaucoup de curiosité. Et on a vu du grand Fred & Farid. Ils ont été EXACTEMENT comme on les attendait, abordant les thèmes qui leur semblent chers :
- le cul (dès la 1ère minute, et en fil rouge tout le long)
- l’argent
- les droits de l’homme (pour dire qu’ils n’en parleront surtout pas en Chine… trop risqué pour le business ?)
- les autres agences
- Et enfin une (énorme) dose de victimisation, comme d’habitude (citations en vrac : « y a des gens qui nous aiment pas », « les Français mettent tellement de temps à amier quelqu’un », « en Angleterre on encense les agences indépendantes, (…) en France on les défonce », « on est les seuls sur le marché à dire qu’on aime beaucoup ce qu’on fait », « on a 40 marques, donc ça agace », « il faut purger toute la jalousie », « le fait qu’on exprime un point de vue peut déranger », …)

Bref, un grand classique ! Non en fait ce qui nous a vraiment surpris dans cette interview, c’est le rôle tenu par « l’intervieweur » (on met ce terme entre guillemets sciemment). Alors qu’on espérait un entretien sans concession, on a droit à un grand numéro de passage de plats. Questions convenues, aucun sujet sensible abordé (alloooo Darkplanneur, tu n’as pas entendu parler des différentes polémiques au sujet de cette agence ? Genre ça, ça, ou même ça ?), et un hochement de tête approbatif à chaque phrase des deux personnes interrogées.
Donc, surtout pas de questions qui fâchent, non non, plutôt un style « s’il me reste du cirage à la fin, je vous fais les pompes »… (copyright Coluche). Beau numéro. On se serait cru sur le plateau de Michel Drucker (y a même le chien).

On saluera seulement l’efficacité de l’action RP, qui a réussi à faire diffuser cette « interview » dans plusieurs supports : Les Inrocks, Pure People, … Une belle opé, bien menée sur ce point.

Et puisqu’on a bien rigolé en regardant cette interview, on ne résiste pas à l’envie de vous livrer la plus belle citation des deux directeurs d’agence. « Ce qu’on veut nous, c’est trouver le meilleur truc, on est des artisans »… On illustre cette déclaration avec l’une de leurs créations, ci-dessous :

Le #TwitterHOT50

Toujours la semaine dernière, on a vu une autre perle débarquer sur le web : un classement nommé « Les 50 plus jolies filles de Twitter » !
Les classements, c’est un grand classique des Internets : « Les 10 moyens de gagner des followers », « Les 47 pin’s parlant TF1 à posséder absolument », « Les 5 plus belles covers de pages Facebook », … Cela permet d’avoir un titre accrocheur, et un billet souvent facile à rédiger.

Ce classement des filles de Twitter a été réalisé par 3 jeunes hommes. Pour tout vous dire, on les a déjà croisés, et on apprécie les bonhommes. Sympas, ouverts, et intelligents. Aussi on sait qu’ils ne nous tiendront pas rigueur de ce que l’on va dire à présent (sans rancune, les gars). Mais d’ailleurs, ils savaient très bien qu’ils allaient avoir des critiques, ils s’y attendaient et, quelque part, ils les désiraient.

Car c’est bien là le fond du problème. On ne va pas parler de ce classement en lui-même (leurs auteurs le reconnaissent bien volontiers comme très subjectif). On va plutôt s’intéresser aux raison d’être de ce classement.

Les 3 lascars disent l’avoir fait « pour rigoler« . Prétexte un peu facile derrière lequel on peut faire passer beaucoup de choses, mais bon. Admettons. On notera juste qu’ils ont pris cette plaisanterie très au sérieux : sélection de 300 candidates, plusieurs nuits de délibérations, réalisation d’une vidéo pour teaser avant la sortie, prises de contacts, reveal réfléchi et construit en 3 étapes sur 3 jours, … À dire vrai, cela fait plus penser à une opération de communication qu’à une blague entre potes.

Pourquoi y ont-ils passé autant de temps ? Pourquoi autant d’efforts, sachant qu’en plus ils allaient récolter diverses critiques ? Que pouvait bien leur apporter cette opé, qu’ils ont défendu becs et ongles ?

Réponse : de la notoriété.

Personne n’est dupe : Genaro, Osmany et Sélim ont réalisé et diffusé ce classement POUR FAIRE PARLER D’EUX. Une bonne vieille crise d’ego, d’envie de se retrouver un peu sous les projecteurs et d’être au centre des conversations (et envie de pécho aussi peut-être ?). Un caprice d’enfants de 12 ans, en somme (c’est à cet âge-là qu’on réalise des classements de filles, comme ils le disent eux-mêmes).

 Une semaine de lol sur le web

Est-ce que cela vaut vraiment la peine d’ajouter quelque chose ? …

Si, peut-être : sur les moyens d’exister et d’acquérir une (petite) notoriété. Pour nous, il en existe deux différents. Premièrement, bien faire son travail / sa tâche. Avec humilité, discrétion, mais avec talent. Deuxièmement, jouer la carte de la provocation, de la facilité, tenter de faire réagir quitte à choquer. Et (comme on dit) faire parler de soi en bien ou en mal, du moment qu’on en parle.

Inutile de préciser dans quelle catégorie nous classons cette opération. C’est un peu affligeant de faire ce constat : même des gens intelligents comme eux sont capables de tomber dans ce travers : quand on n’a rien d’intéressant à dire, on dit n’importe quoi pour se rendre intéressant.

Genaro annonçait, dans son billet précédent la sortie de ce top, que son blog allait changer. Qu’il allait parler de plus de sujets, écrire pour exister, en espérant changer pour le mieux. Manque de bol, c’est raté : ça a changé oui, mais pour devenir un torchon sans intérêt.

Le point rassurant, c’est que finalement leur opération n’a pas si bien fonctionné que cela. On en a parlé oui, mais pas autant qu’on pouvait l’attendre. Autant d’efforts pour des retombées aussi limitées, c’est con :)   Mais cela rend (un peu) optimiste sur la conscience des gens sur les réseaux sociaux. Et avec un peu de chance cela découragera d’autres personnes de se lancer dans des stupidités uniquement destiner à satisfaire leur soif de reconnaissance et leur petit ego.

(NB : le classement de nos 3 compère a eu au moins un mérite. Il a permis de révéler deux types de personnes sans scrupules :
- les morts de faim qui sont aussitôt allés follower les jeunes filles sur Twitter – ça mériterait presque de faire un autre top dont ils seraient les stars, non ? -
- la minorité de filles présentes dans ce classement qui n’ont pu s’empêcher de s’en vanter. La plupart ont eu l’élégance de ne pas en parler et de faire comme si de rien n’était, c’est tout à leur honneur. Quelques-unes ont cependant cédé à la tentation de se mettre en avant : tweet vers le classement, retweets de personnes les félicitant d’y figurer, … Là aussi, l’ego a parlé. Bien pratique pour déterminer qui dans ce classement est superficielle, et qui a au contraire une vraie beauté, intérieure).


#Unminutebuzz, l’anti Minute Buzz

On avait assisté il y a quelques jours à la sortie d’un compte Twitter nommé « @unminutebuzz« . Ce compte s’attaquait frontalement au site Minute Buzz.

 Une semaine de lol sur le web

L’auteur de ce compte est allé jusqu’au bout de sa démarche, proposant à Minute Buzz de se rencontrer pour en discuter, et allant jusqu’à leur établir une recommandation stratégique avec différentes clés d’amélioration.

Un travail complet, des critiques assumées, on aime bien la démarche. En revanche on aime moins l’absence de réaction de Minute Buzz…. Alors que quelqu’un leur met (une fois de plus) sous les yeux ce que leur site présente d’incohérent et de mal fait, et leur montre comment améliorer cela simplement, ils font la sourde oreille. Et continuent de diffuser les informations intéressantes (ou pas) trouvées par d’autres, s’en attribuant une bonne part du mérite au passage et n’apportant aucune information supplémentaire (à moins de considérer les fautes d’orthographe comme des apports, évidemment).

Sincèrement, on commence à en avoir assez de ces sites (on ne cible pas forcément Minute Buzz là, il y en a d’autres) qui n’ont aucune valeur ajoutée. Ces sites qui se contentent de relayer des infos trouvées ailleurs, qui sont incapables d’avoir un avis, de défendre des opinions, et qui n’ont pour seule ambition que de générer du trafic et des visites.

Une nouvelle chroniqueuse au Grand Journal de Canal+

Jeudi 05 juillet après-midi, le web français s’enflamme. Cause ? Une rumeur annonçant la nomination d’une jeune femme, bien connue des réseaux sociaux, comme chroniqueuse au Grand Journal de Canal+ à la rentrée. Rumeur venant d’un simple statut (privé d’abord, public un peu après) mis en ligne par cette personne sur son compte Facebook.

 Une semaine de lol sur le web

Entre les félicitations, les « C’est n’importe quoi pourquoi elle? », les réactions se sont multipliées. Allant jusqu’à la publication d’articles (précipités) sur des médias comme LePlus et TéléObs du NouvelObs ou Premiere.fr.
Le lendemain, la jeune femme en question publiait un billet chez Naro (tiens, encore !) avec un préambule de Sélim (tiens, encore !) expliquant tout : ce statut était un fake, mis en ligne dans le cadre d’une opé pour Axe (une sombre histoire de concours de likes pour gagner le droit de monter à bord du Axe Boat, ou un truc du genre; en gros quelques blogueurs qui se tirent la bourre pour être celui qui obtiendra le plus de mentions « j’aime », le vainqueur pouvant probablement aller bouger son boule sur un yacht aux frais des clients de la marque).

Elle en profitait au passage pour égratigner les journalistes, coupables de s’être trop précipité et de ne pas avoir vérifié leurs infos (ce qui est totalement exact, mais nous fait toujours un peu sourire quand cela vient d’une ancienne de chez Minute Buzz).

Mais bon, on ne va pas rentrer dans ce débat. Cette jeune femme, on la connaît, on la croise régulièrement, on l’apprécie beaucoup. On aurait bien aimé qu’elle ait une posture un peu plus discrète après cette histoire, et qu’elle s’abstienne de se mettre en avant et de faire la morale à ses confrères, mais après tout elle a sans doute eu bon nombre de critiques qui lui sont restées en travers de la gorge suite à cette fausse nomination. L’envie de se défouler nous paraît donc, en partie, compréhensible.

Non ce qui nous a épaté nous, c’est l’ampleur prise par cette histoire. Des motivations aux résultats, on a, encore une fois, un grand n’importe quoi.

Axe qui récompense des influenceurs s’ils arrivent à générer un nombre important de « J’aime » sur un statut Facebook. Des gens prêts à aller raconter n’importe quoi pour cela. D’autres qui s’engouffrent dans le panneau et qui, d’après la description de la jeune femme, sont contents, jaloux ou intéressés (sans même attendre une éventuelle première émission, non non, juste des réactions sur l’annonce). Des « journalistes » qui, pris par la course à l’info, diffusent sans vérifier. Les auteurs de cette blague qui attendent pour démentir, trop contents de montrer qu’ils ont réussi à piéger tout le monde. Une réponse qui finit par arriver sur un blog ami, pour lui générer du trafic (tiens, encore !). Et qui se cache derrière une pseudo « analyse de ma communauté Facebook ».

Du vent. À tous les niveaux. Et un grand bordel qui, ajouté à ceux des jours précédents, nous a plus donné envie de nous déconnecter qu’autre chose, tellement le web pouvait parfois être vide de sens.

Fin de semaine

C’est cette impression de vide qui nous est restée à la fin de la semaine, et qui a motivé la rédaction de ce billet. Malgré nos critiques récurrentes (voir ici et ici) on avait encore l’espoir que le web en général, et les réseaux sociaux en particuliers, étaient encore des espaces de discussion utiles. Fréquentés par des personnes intelligentes, motivées par l’échange, le partage, l’enrichissement intellectuel mutuel. Bref, on pensait encore qu’il y avait des valeurs.

Mais là, à la vue de cette semaine passée, on a plutôt l’impression d’être dans des torchons people que sur les réseaux sociaux qu’on a connu. On est rentré dans une période où c’est l’ego qui prime.

Se montrer. Briller. Écraser les autres. Faire parler de soi. Se mettre en avant. Moi, moi, moi, toujours. L’apparence avant tout, la forme plus que le fond. Les scores Klout, les classements par nombre de followers, les tops par photo de profil, … Et cette superficialité ne semble déranger personne. On ne sait pas vous, mais nous tout ça nous dégoûte un peu.

 Une semaine de lol sur le web

(et lui aussi)

5 avr 12

Classement des blogs Marketing Avril 2012

par Julien & Arnaud

ENFIN !

Enfin du changement en tête de ce classement des blogs marketing ! Les deux imposteurs qui squattaient la première place depuis près de 30 jours (rendez-vous compte) ont été démasqués, et sont expulsés du Top 20. Pas trop tôt.

1 My Community Manager
2 Emarketinglicious
3 Webmarketing & co’m
4 Le Publigeekaire
5 Paper Plane
6 Publiz
7 pix-geeKs.com
8 We Are Social
9 [Naro] minded
10 Culture-buzz
11 Marketing en Chine
12 Grégory Pouy
13 Blog du Personal Branding
14 Web&Luxe
15 LLLLITL
16 Jean-Jacques Urvoy
17 Le Webmarketeur
18 Les réseaux professionnels
19 W & CIE – le blog
20 ConseilsMarketing.fr

Classement réalisé par Ebuzzing, avec ses petits bras musclés (et qui ferait bien de penser à retirer de lui-même les no follow la prochaine fois, ça nous évitera de passer 5 minutes à le faire merci)

8 mar 12

Journée de la femme : sauvons les hommes !

par Julien & Arnaud

Malgré un titre qui peut être trompeur, ce billet n’est pas du tout polémique. Loin de nous l’idée de critiquer la journée internationale des droits de la femme, ce n’est pas ce sujet que nous allons évoquer.

Non, nous allons plutôt parler de Sécurité Routière. Un thème qui nous tient particulièrement à cœur, et qui fait que pour une fois nous nous abstiendrons de toutes les (mauvaises) plaisanteries dont nous sommes coutumiers dans nos billets habituels.

Sécurité Routière donc. Avec un chiffre pour commencer : 75%. En France, 75% des morts sur la route sont des hommes.

Des chiffres, en voici d’autres dans cette vidéo très instructive :

Agence : Publicis Consultants

Client : Sécurité Routière

Cela fait un peu réfléchir non ? Cet alignement de statistiques prouve que, contrairement à ce qu’ils se plaisent à répéter, les hommes sont plus dangereux que les femmes sur la route.

Un discours intelligent, forcément impactant en cette journée dédiée aux droits des femmes, qui a pour but de demander à ces dernières de ne plus accepter les comportements masculins dangereux. Pour se sauver elles-mêmes, et aussi sauver les hommes qu’elles aiment. Une déclaration d’amour en somme.

On vous invite fortement à lire ce joli texte, rédigé par l’écrivain Marie Desplechin, qui constitue le Manifeste des femmes pour une route plus sûre.

On vous incite encore plus fortement à le signer

Vous rejoindrez la longue liste des personnes ayant apporté leur soutien à ce manifeste, parmi lesquelles :

Eliette Abécassis, écrivain, Frédérique Bel, comédienne, Yamina Benguigui, réalisatrice, Valérie Bonneton, comédienne, Zabou Breitman, comédienne et réalisatrice, Isabelle Capron, directrice générale d’entreprise, Anne Coesens, comédienne, Hélène Darroze, chef, Isabelle Dath, rédactrice en chef et éditorialiste, Pauline Delpech, écrivain et comédienne, Marine Delterme, comédienne, Marie Desplechin, écrivain, Mireille Dumas, présentatrice TV, Valérie Expert, animatrice TV, Flavie Flament, animatrice radio, Isabelle Giordano, journaliste, Marina Giraudeau, journaliste, Alexandra Golovanoff, journaliste, Axelle Laffont, comédienne humoriste, Dominique Loiseau, restauratrice, Catherine Mangin, journaliste, Valérie Maurice, présentatrice TV, Véronique Morali, chef d’entreprise, Helena Noguerra, comédienne, Christine Orban, écrivain, Sandrine Quétier, présentatrice TV, Marie-Laure Sauty de Chalon, chef d’entreprise, Elisa Tovati, comédienne, chanteuse, Julien et Arnaud, c’est nous.

NB : comme l’identité des deux dernières personnes citées vous le prouvera, vous pouvez aussi signer si vous êtes un homme. Et c’est au moins aussi important de le faire. Foncez signer, et arrêtez de foncer. Merci, bisous.

Bonus qui peut s’avérer utile : 10 arguments pour convaincre les conducteurs de changer d’attitude.

21 fév 12

Comptes fakes Orangina : la réponse de la marque

par Julien & Arnaud

Rappel des faits : le 14 février 2012, nous avons publié un billet intitulé « Orangina trompe ses fans sur Facebook« , dans lequel nous disions soupçonner la marque d’utiliser de faux comptes Facebook pour animer sa page fan française.

Suite à cela, nous avions été contacté par des représentants d’Orangina France,  nous informant ne rien savoir de ces pratiques et annonçant l’ouverture d’une enquête de leur côté.
Pour tenter de faire la lumière sur cette affaire, nous avons pu rencontrer Aline Bonnet, Strategy Media Manager chez Orangina Schweppes France, qui a accepté de répondre à nos questions pour nous faire part de la réponse de la marque.

 Comptes fakes Orangina : la réponse de la marque

- Coupsdepub : Vous enquêtez depuis quelques jours sur cette affaire de comptes fakes. Quels sont les résultats de vos investigations ?
- Orangina : On ne sait pas encore tout, mais nous avons pas mal de réponses. Nous avons échangé avec Facebook, et bien vérifié toute la page.
Nous avons identifié 13 profils fakes (FanPages + profils users) qui ont été signalés à Facebook. La majorité est d’ores et déjà supprimée, les autres sont en cours de suppression.
Nous insistons sur le fait que c’était un phénomène isolé, représentant seulement 0,004% de notre base de fans.

- Cdp : Orangina était-elle au courant de l’usage de ces comptes sur sa page Facebook ?
O : Je vous assure que la marque n’était pas au courant de cette pratique. Nous ne la validons pas, et nous ne la tolérons pas. Cela va complètement à l’encontre des valeurs de la marque. Depuis 75 ans, l’ADN d’Orangina est l’authenticité, et nous n’aurions jamais ni demandé ni approuvé une telle pratique. L’éthique est essentielle pour nous.

- Cdp : Cette pratique n’était visiblement pas d’aujourd’hui et date de plusieurs mois. Comment avez-vous pu ne pas vous en rendre compte plus tôt ?
O : L’expertise dans nos équipes est seulement en train de se construire. Elle a besoin de se renforcer. Malgré ses 75 ans, Orangina est encore jeune sur le digital. Nous nous retrouvons dans une situation que nous n’avions pas anticipée. Nous prenons acte, et allons faire en sorte que cela ne se reproduise plus.

- Cdp : Si Orangina n’était pas au courant, et qu’il y a eu de telles pratiques sur votre page, il y a bien un responsable quelque part…
O : Nous ne nous intéressons pas au débat sur les agences et les prestataires. Nous communiquons seulement au niveau de la marque.

- Cdp : Un Community Manager d’une de vos agences (NdA : après recherches, il semblerait que ce soit l’agence Fred&Farid qui soit en charge des stratégies digitales de la marque, si l’on en croit ce qui est indiqué ici) est venu confirmer en commentaire de notre précédent billet être à l’origine de ces pratiques.
O : Nous sommes une marque qui a une éthique, et nous n’avons jamais formulé aucune demande pour de telles pratiques.

 Comptes fakes Orangina : la réponse de la marque

- Cdp : Nous supposons que vous avez fait votre enquête auprès du prestataire en question… Que vous a-t-il répondu ?
O : Cela fait partie de la relation entre la marque et son prestataire, cela reste confidentiel.

- Cdp : Quelles sont aujourd’hui vos relations avec ce prestataire ? Vous vous entendez bien ?
O : Nous avons des relations de travail, les plus professionnelles possibles, comme avec tous nos prestataires.

- Cdp : S’agissait-il de l’acte isolé d’un collaborateur chez votre prestataire ?
O : Cela fait partie de la relation que nous avons avec l’agence et doit donc rester confidentiel.

- Cdp : Est-ce à votre prestataire de nous expliquer ce qu’il s’est passé ?
O : Il y a bien eu un dysfonctionnement chez notre prestataire, mais si vous souhaitez en savoir plus c’est à lui qu’il faut poser la question. Nous ne voulons pas nous exprimer sur ce point. Dans votre billet, c’est Orangina qui est mentionnée. Aujourd’hui, nous voulons parler de notre marque, de nos actions, de l’importance du digital pour nous. Nous préférons nous concentrer sur l’avenir, et avoir un message positif et constructif.

- Cdp : Oui mais dès la parution de notre billet, une personne travaillant pour votre prestataire vient commenter en assumant la responsabilité de ces pratiques. Et derrière, après nous déclarer n’y être pour rien, vous ne voulez pas non plus vous exprimer sur votre prestataire. Vous vous doutez que vous allez avoir des critiques ?
O : Dans la mesure du possible, nous y répondrons.

- Cdp : Mais c’est cette réponse d’un employé de votre prestataire qui a notamment donné une telle portée à notre billet. C’est pour cela qu’on a autant entendu parler de votre prestataire, et que nous vous posons des questions à ce sujet…
O : Nous ne pouvons répondre que pour la marque.

- Cdp : L’utilisation de ces comptes fakes a donc été revendiquée sur notre billet par un employé de votre prestataire. Cette action était motivée par « l’économie d’achats médias »… (chiffre annoncé : 200K €)
O : C’est la marque qui a la connaissance de ces investissements et de ces stratégies d’achat d’espace, avec les agences d’achat médias.

 Comptes fakes Orangina : la réponse de la marque

- Cdp : La justification avancée de cette économie d’achat d’espace était la possibilité de transformer ces économies en dotations. Or en remontant un peu dans le passé de la page, nous avons constaté que depuis août, il semble (sauf erreur de notre part) qu’il n’y ait eu qu’une seule opération avec dotation, avec une seule personne récompensée. Comparé aux 200K € annoncés, cela semble assez peu…
O : Aujourd’hui pour nous, l’important c’est l’engagement. Nous ne croyons pas que, pour bien fonctionner sur les réseaux sociaux, une marque ne peut pas reposer seulement sur des dotations importantes et fréquentes. Ce n’est pas comme cela qu’on construit une relation.

 Comptes fakes Orangina : la réponse de la marque

- Cdp : Qu’allez-vous faire pour éviter tout risque que ce genre de situation ne se reproduise ?
O : Nous avons pris trois décisions :
Premièrement, nous allons revoir en profondeur l’organisation du Community Management sur la marque. Nous sommes en train d’envisager toutes les options possibles, avec l’expertise comme critère principal. Nous ne voulons pas agir dans la précipitation, nous voulons avoir la meilleure réponse, par respect pour nos fans.
Deuxièmement, nous allons développer davantage la formation de nos équipes internes sur les médias sociaux, en les sensibilisant au mieux sur les intérêts et avantages des réseaux sociaux, et sur la raison de notre présence.
Et troisièmement, nous venons de lancer notre compte Twitter Orangina Schweppes France, qui est un compte corporate. Il nous permettra d’avoir de vrais dialogues avec le secteur de la communication. Si les gens ont des questions, nous voulons pouvoir leur apporter des réponses dans un univers corporate.

- Cdp : Comment allez-vous rétablir une relation de confiance avec les fans sur votre page Facebook ? Allez-vous mener des actions spécifiques auprès d’eux suite à cette affaire ?
O : Les personnes qui sont sur la page, dans leur immense majorité, aiment la marque et la consomment. Ces comptes fakes étaient un phénomène isolé. Nous pensons que nos opérations à venir, adaptées à nos fans, vont les conforter dans l’idée que nous les connaissons, et que l’on souhaite avoir la meilleure relation possible avec eux. Dans tous les cas, nous serons à leur écoute.

- Cdp : Vous allez donc conserver votre présence sur les réseaux sociaux ?
O : Nous allons même l’améliorer.

Merci beaucoup à Orangina pour nous avoir accordé cet entretien, et avoir accepté de répondre à nos questions, même les plus répétitives.

14 fév 12

Orangina trompe ses fans sur Facebook

par Julien & Arnaud

EDIT : Suite à ce billet, nous avons été contactés par la marque Orangina, qui nous a précisé ne pas être au courant de telles pratiques, et y être par ailleurs opposée.
Ils ont mené leur enquête de leur côté, et ont accepté de nous rencontrer pour répondre à nos questions : interview à lire ici.

On dit « trompe », on aurait presque pu dire « arnaque ». Car si le mot peut sembler fort, c’est juste un synonyme de tromperie, non ? Une arnaque finalement, qu’est-ce que c’est ? C’est vous faire croire quelque chose qui n’est pas vrai.

Les apparences

Regardons un peu la page Facebook de la marque Orangina : en apparence, tout va bien. Près de 300 000 fans, des posts réguliers, likés / commentés / partagés par la communauté, etc.

D’ailleurs, en parlant de cette communauté, on s’aperçoit que sur les publications, on retrouve souvent les mêmes fans derrière les interactions. Si si, regardez bien, il suffit de prendre quelques posts au hasard pour voir que ce sont généralement les mêmes fans qui likent / commentent / partagent.

Rien que du très normal dans tout cela : ce sont très certainement les fans les plus actifs, les véritables ambassadeurs de la marque, qui sont très présents sur la page et impliqués sur la plupart des posts.

 Orangina trompe ses fans sur Facebook

 Orangina trompe ses fans sur Facebook

Oui mais.

Car il y a un « mais », forcément. Parce qu’à un moment, on finit par se demander « qui sont ces gens qui vont à chaque fois interagir avec les statuts de la page ? »
Alors on les a stalké. Oui oui, n’ayons pas peur des mots. On a cliqué sur leurs profils pour voir qui ils étaient, pour tenter de comprendre un peu cet amour inconditionnel qu’ils semblent porter à la boisson pulpeuse.

Et là, surprise.

Nous tombons sur deux types de profils :

- des profils d’users, n’ayant quasiment aucun ami, fans de très peu de pages Facebook, et dont la seule activité se borne visiblement à partager et commenter les statuts d’Orangina France…

- des FanPages assez étranges, puisqu’elles aussi ne font que relayer les statuts d’Orangina France, et ne comptent quasiment aucun fan…

En voici quelques-uns :

 Orangina trompe ses fans sur Facebook

 Orangina trompe ses fans sur Facebook

 Orangina trompe ses fans sur Facebook

Etc, on ne va pas tous les citer, y en a pas mal d’autres visiblement.

La conclusion de tout cela paraît évidente : la plupart de ces profils et de ces pages sont très certainement des fakes, créés uniquement pour améliorer les taux d’interactions de la page.

Un exemple parlant ?

Prenons un exemple. Prenons le statut le plus tristement célèbre de la page Orangina depuis sa création, celui sur les roux. Mais si souvenez-vous, il y a quelques mois la marque s’était offert une petite polémique en mettant un statut dénigrant envers les roux.

Nous avons repris ce statut ci-dessous. Pour faciliter la lecture, nous avons retiré des commentaires (ceux genre « pffff c’est n’importe quoi », « vous devriez avoir honte d’insulter les roux », etc.) et nous avons encadré en rouge les interventions des profils / pages qui nous paraissent suspects :

 Orangina trompe ses fans sur Facebook

Ça semble assez évident non ? Les petits salopiauds ont bel et bien l’air d’utiliser une paire de comptes pour se faire passer pour des consommateurs et venir ainsi prendre leur propre défense, en douce. Si vous avez encore des doutes, n’hésitez pas à regarder par vous-mêmes ces profils étranges, vous verrez ça saute aux yeux. Outre le fait que le ton et les termes utilisés par ces comptes sont très similaires, vous verrez distinctement qu’ils fonctionnent en circuit fermé : ils se likent entre eux, se partagent entre eux, …

Lamentable…

La marque trompe donc bien ses fans sur Facebook : elle leur fait croire qu’ils discutent entre eux, alors qu’ils discutent avec de faux comptes. Elle leur fait croire qu’elle attache de l’importance à leurs opinions, alors qu’elle ne cherche qu’à en donner l’illusion.

Surtout, ne pas laisser les gens avoir des avis et discuter. Non non, il faut qu’ils disent ce qu’on veut entendre uniquement, il faut qu’ils disent aimer la marque et puis c’est tout, sinon c’est qu’ils n’ont pas bien compris. Et on utilisera des faux comptes pour les insulter et les remettre dans le droit chemin s’il le faut.

Ces faux profils / page fakes ne sont pas utilisés que pour cela, évidemment. Une question sur la FanPage qui met du temps à prendre et n’entraine pas assez de réponses ? Hop, deux ou trois de ces comptes viennent à la rescousse. Besoin de likes sur un statut ? Même chose. Et bien entendu, des partages Facebook, ça fait grimper les stats de la page, et ça fait toujours bien dans les reports.

Orangina est visiblement restée bloquée à l’époque des pubs traditionnelles : « Tiens, voilà notre contenu, maintenant tu as juste le droit de te taire, d’aimer ce qu’on te dit et d’acheter nos produits. Quitte pour cela à ce qu’on prenne des libertés avec l’éthique ».

En parlant d’éthique justement, on se faisait il y a quelques jours la réflexion qu’il y avait de moins en moins d’éthique sur le web. Merci à Orangina de nous en apporter la preuve sur un plateau. La marque n’a visiblement pas compris l’intérêt des réseaux sociaux. Au lieu de jouer le jeu, d’être transparente, engagée, et à l’écoute de ses fans, elle préfère se moquer d’eux, en utilisant des faux comptes dès qu’il y a la moindre critique, pour éviter d’avoir à répondre franchement.

En trichant et truquant les conversations qui ont lieu sur sa page Facebook, Orangina a choisi de  tourner le dos à l’esprit même des réseaux sociaux,  plutôt que d’agir avec ses consommateurs comme toutes les marques se doivent de le faire : sincères et honnêtes. Inutile de dire qu’on trouve ce genre d’attitude assez lamentable…

12 fév 12

Des applications qui ont du coeur

par Julien & Arnaud

On parle assez peu nouvelles technologies par ici, et c’est un tort. Alors on va essayer de se rattraper, avec non pas une, mais bien DEUX applications Facebook sympatoches.

La première, elle est de circonstance, puisque dédiée à la Saint Valentin. Et à la Saint Valentin, on n’a pas des milliers de solutions, généralement on offre :
- des fleurs (c’est beau et ça dure pas… de là à dire que cela donne une vision pessimiste des relations amoureuses, il y a un pas que nous ne franchirons pas)
- une boîte de chocolat (solution de facilité, et si vous optez pour les Mon Chéri vous êtes vraiment dans le top du ringardisme)
- un dîner en tête à tête (là aussi, pas très original hein… mais parfois les clichés ont du bon)
- un bijou (là déjà, c’est plus classe)
- un koala (mais dans ce cas il va quand même falloir songer à voir un psy)

SI l’avant dernière solution vous tente (le bijou donc), et que vous avez envie d’enrober le tout d’originalité, vous ne serez que plus intéressés par cette application :

Client : Murat Paris

Agence : Agence .V.

Directeur de création : Christian Vince

Direction artistique et Conception-rédaction : Roxane Hamonière, Jeffrey Koning, Nicolas Martinie

On vous invite à aller tester l’application ici, sur la page de la marque. C’est plutôt bien fichu, et surtout, on a beaucoup aimé le fait que ce projet ne reste pas seulement virtuel. En offrant un bijou en magasin, la marque génère en effet du trafic concret et draine les internautes de sa FanPage jusqu’aux boutiques.
Malin et efficace, et si vous n’avez pas d’idée à quelques heures de la St Valentin, voilà peut-être une solution pour ne pas décevoir l’élu(e) de votre cœur.

De cœur, il en est toujours question dans la deuxième application dont nous allons parler (au passage vous noterez la transition, qui devrait nous valoir un +K en transition tellement qu’elle est belle).

Bon, sérieusement. Vous connaissez tous le festival Solidays, qui a lieu chaque été vers la fin juin. Cet évènement est d’abord l’occasion de se mettre du très bon son dans les oreilles, avec une programmation toujours alléchante (les premiers noms pour cette année seront annoncés à partir du 15 février, on a hâte !).

Mais Solidays, c’est avant tout un évènement de lutte contre le Sida. Et ça il s’agirait de ne pas l’oublier. Car c’est cette alliance de l’utile à l’agréable qui fait toute la force du festival.

Aussi, vous serez sûrement tous enchantés d’apprendre que vous pouvez apporter facilement votre soutien à cette manifestation (ça prend deux secondes, c’est gratuit, alors on ne voit pas trop quelle excuse vous pourriez trouver pour ne pas le faire) : via une application Facebook sur la page de Solidays, vous pouvez aller rajouter votre tronche à la mosaïque solidaire, et recomposer une photo représentant l’amour mise à disposition par Magnum (la célèbre agence de photos, pas le détective moustachu).

 Des applications qui ont du coeur

Ah et avant qu’on oublie, en plus de montrer que vous avez du cœur, si vous rajoutez votre avatar à cette mosaïque, vous participerez à un concours pour gagner des pass VIP Solidays… Aucune excuse on vous dit.

(et merci à We Are Social pour les visuels Timeline dédiés, et à Magnum)

 Des applications qui ont du coeur